14 juin 2011

EyePack | Film intelligent intégré à un emballage alimentaire qui scrute la qualité de vos viandes ou poissons !


A l’heure où de nombreux scandales alimentaires éclatent, un grand nombre de consommateurs deviennent de plus en plus méfiants et modifient ainsi leur comportement d’achat (intérêt accru pour les produits bio, la vente directe des produits fermiers….). Comment un emballage peut répondre aux inquiétudes grandissantes des consommateurs en leur fournissant des informations fiables sur la qualité de certains de leurs aliments ?

L’intérêt pour une telle problématique est lié aux nombreux cas de nourriture avariée qui sont à l’origine de toxi-infections alimentaires (TIA). En 2009, l’INVS (Institut de Veille Sanitaire) révèle que 13 905 personnes, en France, ont été touchées par des toxi-infections alimentaires collectives (TIAC) – le Ministère de la Santé estime cependant qu’il doit se produire entre 250 000 et 750 000 cas de TIA par an [400 à 1 210 cas / 100 000 habitants]. Ces chiffres sont inférieurs à ceux révélés dans les pays anglo-saxons :

PAYS
NOMBRE DE CAS
COUT DE SANTE
Royaume Uni
2 millions de cas en 2000
[3 400 / 100 000 hab.]
1,5 milliards de £
USA
76 millions de cas /an
[29 000 cas / 100 000 hab.] 
5 à 35 milliards de $ US
Canada
11 à 13 millions de cas/an
[33 000 à 39 000 cas / 100 000 hab.]
12 à 14 milliards de $ CAN

Les catégories « viande et volaille » et « poisson et fruits de mer » représentent près de la moitié des cas de toxi-infections alimentaires avec comme première cause citée : « Le non respect des températures réglementaires ».

C’est dans ce contexte que des chercheurs de la société Fraunhofer ont développé un capteur sous forme de film qui peut être directement intégré à l'emballage afin de fournir un contrôle de qualité. Un changement de couleur indique si la denrée alimentaire est gâtée.
L'institut de recherche Fraunhofer axé sur la micro-thérapie (EMFT) a développé sa solution dans le cadre d'un projet financé par le Ministère fédéral pour l'enseignement et la recherche (BMBF).

Le film développé par l'EMFT est intégré à l'intérieur de l'emballage et réagit au contact d'amines biogènes. Ces molécules sont produites lors de la décomposition de produits alimentaires, particulièrement dans le cas du poisson et de la viande. Elles sont notamment responsables de l'odeur désagréable des produits avariés. Si ces molécules se trouvent dans l'air à l’intérieur de l'emballage, le film passe alors du jaune au bleu en fonction de la concentration en amine biogène.

A l’inverse de la date de péremption qui est une estimation, ce capteur sous forme de film se base sur des analyses quantitatives. De plus, le faible coût de ce système se prête à la production en série. L'industrie alimentaire imposant de hauts standards de qualité, le capteur n'entre pas en contact direct avec l'aliment. Il est séparé par une couche ne laissant passer que la phase gazeuse.

Les chercheurs travaillent également sur un module de mesure avec un capteur sous forme de film intégré. Ceci permettra aux acteurs du secteur agro-alimentaire de tester directement la fraicheur de leurs produits. L'appareil pourra analyser finement le changement de couleur du capteur et transmettre un résultat plus précis que celui obtenu à l'œil nu. Les changements de couleur intermédiaire pourront également être identifiés.
Les chercheurs de l'EMFT sont à la recherche de partenaires industriels afin de continuer leur développement et produire ces nouveaux équipements.

La société Fraunhofer a déjà eu l’opportunité d’utiliser ce capteur sous forme de film pour des pansements premiers secours qui détectent les plaies infectées. 

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